La portion magique




             Dehors, le ciel est clair. La température extérieure est d’une vingtaine de degrés et le fond de l’air est emplit de senteurs d’automne. Dans l’appartement, nous bougeons un peu dans tous les sens. On range… On nettoie… Ca sent la javel parfumée à la lavande… On rit… Il est 16 H00… tout est propre… L’atmosphère est maintenant propice à une pause bien méritée.


               Dans le placard je remarque qu’il y a du chocolat en poudre… et voilà que je me souviens… C’est ainsi que je vais renoncer, pour une fois, à prendre mon habituel café… 

              Arborant un sourire complice, je sors le beurre du frigo et coupe de fines tranches de pain. « Ce n’est pas parce que j’ai trente ans passés que je ne peux revenir à ce genre de petit délice d’enfant ! » Que je sors à haute voix. Il y a des joies triviales comme cet instant là, comme courir pour la première fois quand on est enfant, comme les premiers bisous que l’on a fait à une jeune femme. Et tout cela nous l’oublions tous au fur et à mesure que la vie défile. Puis un jour, à cause d’un objet, d’une odeur, d’un geste, d’un son, d’un détail en somme, avec une pointe de mélancolie cela nous revient en tête.

          Je pense qu’en ce moment même ce qui à déclanché le souvenir de la phrase que je cherche encore à retrouver, c’est un peu de tout ça en même temps... L’heure… L’odeur de lavande… Le chocolat en poudre… ça ne peut-être que ça en effet.
                Le passé se penche doucement sur moi… Je le sent m’envelopper à présent… De là à vous dire que cette phrase qui doucement glisse de la pointe de mes cheveux jusqu’à sortir de ma bouche, comme le beurre et le chocolat en poudre y rentre va me revenir…

              « Et pain suis le chocolat »

         Ca y est ! La voici ! J’aime… comme ça… car la plupart du temps j’oublie  la formulation exacte de la phrase dans la seconde suivante après l’avoir retrouvé quand je n’ai pas de quoi l'écrire… Du coup, quand je l’a dit à voix haute avec un stylo en main, je finis par l’éditer à voix basse

               Et si cette phrase lui sortait souvent de la bouche à ma grand-mère, c’est qu’elle devait avoir ses raisons… Il y en a au moins toujours une. De plus, comme elle dit : « J’ai toujours raison ».
              En effet, si elle me répétait cette sempiternelle phrase, c’était pour ne pas que je me retrouve à redemander du chocolat afin de pouvoir terminer mon pain…

             Au terme d’une saison, je vois briller au soleil ce chaleureux souvenir, qui maintenant gravé, ne risque plus de s’envoler… Je viens de finir mon goûter… La plume danse sur la page à propos d’une autre histoire d’enfant… dehors le vent se lève… une petite ritournelle vient à mes oreilles… Bien sur, le temps s’en va parfois si vite… Mais ce n’est pas grave… Tant qu’un jour, ensemble, on goûte sous le même toit…





Par C'kissa
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L'Ambiéqual

  • cafedelpueblo
  • : Ecriture Arts Vie perso / Journal intime
  • : J'ai failli me laisser croire que c'était toi qui me manquait, alors que c'était moi qui me faisais défaut... A lire, cette phrase fut illusoire, seulement la réalité le fut d'avantage... Je vous en prie.

De profil ou presque...

  • cafedelpueblo
  • : France
  • : Littérature
  • : La Gitanie est mon pays... L'humour est ma contrée... L'écriture est ma terre d'asile... La raison mon pain... borné, philosophe,... rêveur(se), si des conclusions s'imposent, partagez les moi, nous finirons par penser le contraire

Allons boire le café ailleurs.

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